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Séance de thérapie dans un cabinet calme

Violences sexuelles au sein du couple : les hommes aussi

Même dans un couple ou un mariage, la sexualité n'a sa place qu'avec consentement. Ce qui s'est passé n'est pas ta faute — et une aide existe, même sans plainte.

Le plus grand tabou

Les violences sexuelles envers les hommes sont peut-être le plus grand tabou de la violence conjugale. Elles existent pourtant : les hommes peuvent être victimes de violences sexuelles, y compris dans une relation stable ou un mariage, et y compris de la part d'une partenaire féminine. La recherche belge montre qu'environ un homme sur cinq subit un jour des violences sexuelles physiques.

La contrainte sexuelle dans un couple n'est souvent pas physiquement violente. Il peut s'agir de :

Tu reconnais ce type de pression dans d'autres aspects de ta relation ? Lis la page reconnaître les signaux.


Le consentement : ce que dit la loi depuis 2022

Avec la loi du 21 mars 2022 (en vigueur depuis le 1er juin 2022), la Belgique a un nouveau droit pénal sexuel qui place le consentement au centre. Les points clés :

Une relation ou un mariage ne vaut donc jamais consentement permanent. Le viol au sein du mariage ou du couple est punissable en Belgique, et la loi est formulée de manière neutre quant au genre : elle protège les hommes autant que les femmes.


Ton corps peut réagir sans que tu le veuilles

Beaucoup d'hommes doutent d'eux-mêmes après coup parce que leur corps a réagi pendant les faits. Cela mérite une réponse médicale claire : les réactions physiques sont des réflexes, commandés par ton système nerveux — pas par ta volonté. Elles peuvent survenir en cas de stress, de peur ou de contact, même quand tu ne veux absolument pas ce qui se passe.

Une réaction physique n'est donc pas un consentement ni un signe que tu le voulais « au fond ». Il en va de même pour le fait de se figer : rester paralysé et incapable de réagir est une réponse normale et automatique à une menace. Rien de tout cela ne fait de ce qui s'est passé ta faute.


Les Centres de Prise en charge des Violences Sexuelles : aussi pour les hommes

La Belgique compte dix Centres de Prise en charge des Violences Sexuelles (CPVS), rattachés à un hôpital : à Bruxelles, Charleroi, Liège, Namur, Arlon, Anvers (Edegem), Louvain, Genk, Gand et Roulers. Ils sont expressément ouverts aussi aux hommes. Un CPVS offre en un seul lieu :

Un CPVS est ouvert 24h/24 et 7j/7, gratuit et accessible sans rendez-vous ni prescription. Tu ne dois pas porter plainte pour y être aidé : les preuves recueillies sont conservées pendant une durée convenue, pour que tu puisses décider plus tard.


Ce que tu peux faire maintenant


La reconstruction est possible

Les violences sexuelles peuvent laisser des traces profondes : reviviscences, honte, évitement de l'intimité. Ces symptômes se traitent bien. Lis-en plus sur la thérapie du trauma et la reconstruction.


Questions fréquentes

Un homme peut-il être violé par une femme ?

Oui, juridiquement et dans les faits. Depuis la loi du 21 mars 2022, le droit pénal sexuel belge est formulé de manière neutre quant au genre : le viol est tout acte qui consiste ou se compose d'une pénétration sexuelle de quelque nature et par quelque moyen que ce soit, commis sur une personne ou avec l'aide d'une personne qui n'y consent pas. Que l'auteur ou la victime soit un homme ou une femme ne fait juridiquement aucune différence — y compris au sein d'un couple ou d'un mariage.

J'ai réagi physiquement — cela veut-il dire que je le voulais ?

Non. Les réactions physiques sont des réflexes commandés par ton système nerveux, pas par ta volonté. Elles ne disent rien du consentement et ne signifient pas que tu le voulais. La loi est claire aussi : le consentement ne peut pas être déduit de la simple absence de résistance. Te figer ou réagir physiquement ne veut donc pas dire que tu as consenti.

Dois-je porter plainte pour être aidé dans un CPVS ?

Non. Tu peux te rendre dans un Centre de Prise en charge des Violences Sexuelles pour des soins médicaux, un examen médico-légal et un soutien psychologique sans porter plainte. Les éventuelles preuves recueillies sont conservées pendant une durée convenue, pour que tu puisses décider plus tard de porter plainte ou non.

Et si les faits datent de plus de sept jours ?

Le prélèvement de traces n'est alors généralement plus possible, mais l'aide reste disponible. Jusqu'à environ un mois après les faits, tu peux te rendre dans un CPVS pour des soins médicaux et psychologiques gratuits. Si c'est plus ancien, ton médecin généraliste, le 1712 ou un thérapeute spécialisé en trauma peuvent t'aider. Porter plainte reste aussi possible plus tard.

Rédigé par Koen Thomeer, médecin généraliste · Dernière mise à jour : 14 juillet 2026