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Main avec des clés et des papiers

Protéger tes enfants : hébergement et contact après la violence conjugale

Ce qu'il advient de l'autorité parentale, comment le tribunal de la famille fixe l'hébergement et comment garder un contact sûr avec tes enfants.

Tes enfants ne sont pas seulement témoins

Les enfants qui voient, entendent ou perçoivent la violence entre leurs parents ne sont pas « seulement témoins » — ils sont eux-mêmes victimes. Même si la violence n'a jamais été dirigée contre eux, elle atteint leur sentiment de sécurité à la maison. Certains deviennent silencieux et repliés, d'autres réagissent par de la colère, des troubles du sommeil ou des difficultés scolaires. Protéger tes enfants n'est donc pas un détail : c'est une des raisons les plus importantes de chercher de l'aide et de prendre la situation au sérieux.


Autorité parentale : qu'est-ce qui change (ou pas) ?

En Belgique, l'autorité parentale reste en principe conjointe, même après une séparation (article 374 de l'ancien Code civil). Les deux parents décident ensemble des questions importantes — santé, école, éducation — où que vivent les enfants. Le tribunal de la famille ne peut confier l'autorité exclusive à un seul parent que dans des cas exceptionnels.

L'hébergement — où et quand les enfants séjournent — est une question distincte. En cas de désaccord, le tribunal de la famille décide. À la demande d'au moins un parent, il examine par priorité un hébergement égalitaire, mais l'intérêt de l'enfant prime toujours — et une violence conjugale démontrée peut peser dans la balance. Ce que tu peux démontrer compte : documente ce qui se passe.


Quand les enfants deviennent un moyen de pression

Après la rupture, certains auteurs utilisent les enfants pour poursuivre le contrôle. C'est une forme de violence post-séparation. Signes reconnaissables :

Ces menaces ne disent rien de ta valeur comme père et ne déterminent pas ce que le tribunal décide.


Ce que tu peux faire


Si ton enfant ne veut plus venir

Peu de choses font plus mal qu'un enfant qui évite le contact. Souvent, ce n'est pas un rejet de toi, mais un conflit de loyauté : l'enfant essaie de survivre entre deux parents. Ce qui aide :


De l'aide pour ton enfant lui-même


Questions fréquentes

Est-ce que je perds mes enfants si je quitte le domicile ?

Non. L'autorité parentale ne change pas si tu quittes le logement familial : elle reste en principe conjointe. La situation de fait peut toutefois compter quand le tribunal de la famille fixe plus tard un hébergement provisoire. Demande donc vite un arrangement et fais-toi conseiller par un avocat — mais ta sécurité passe toujours en premier.

Qu'est-ce qu'un espace-rencontre (lieu de visite neutre) ?

Un lieu de visite neutre est un endroit sûr et encadré où parent et enfant se rencontrent et où les transferts sont accompagnés par un professionnel. En Flandre et à Bruxelles : les « bezoekruimtes » du CAW ; en Wallonie : les services agréés « espaces-rencontres ». Le tribunal de la famille peut l'imposer, mais tu peux aussi prendre contact toi-même.

Mon ex garde les enfants loin de moi — que puis-je faire ?

S'il existe une décision judiciaire sur l'hébergement, la non-représentation d'enfant est punissable (article 432 du Code pénal). Documente chaque transfert manqué, porte plainte à la police et retourne devant le tribunal de la famille. Pas encore d'arrangement ? Demandes-en un au plus vite.

Mon enfant ne veut plus venir. Dois-je l'accepter ?

Ne force pas le contact : la pression augmente souvent la résistance et pèse sur ton enfant. Cherche un accompagnement professionnel — espace-rencontre, médiation familiale — et reste présent de manière calme et fiable : un message, une carte d'anniversaire. Les enfants se souviennent de qui est resté fiable.

Rédigé par Koen Thomeer, médecin généraliste · Dernière mise à jour : 14 juillet 2026