Partir est difficile — mais c'est possible
Quitter une relation toxique est peut-être la chose la plus difficile que tu feras dans ta vie. C'est aussi l'une des meilleures choses que tu puisses faire pour toi-même. Et, même si cela peut sembler contre-intuitif, c'est aussi l'une des meilleures choses que tu puisses faire pour tes enfants.
"Mais les enfants..."
L'argument le plus souvent utilisé pour rester, ce sont les enfants. C'est aussi l'argument qui est le plus souvent utilisé comme arme par la partenaire agressive.
Les enfants qui grandissent dans un foyer avec violence conjugale présentent un risque accru de :
- Troubles anxieux et dépression
- Problèmes de régulation émotionnelle
- Une image déformée de ce qu'est une relation
- Hypervigilance permanente
Les enfants n'ont pas besoin de deux parents qui vivent ensemble. Ils ont besoin de parents émotionnellement disponibles et d'un environnement sûr.
Organiser la sécurité est déjà une intervention parentale : poser des limites, créer de la prévisibilité, activer des figures de soutien.
Étapes pratiques
→ Voir le plan de sécurité pour le plan d'action détaillé.
Porter plainte
- Fais-le même si l'expérience est décourageante : cela crée un dossier officiel
- Demande un point de contact spécialisé
- Si tu n'es pas cru : note le nom et le numéro de badge
Ligne d'aide 1712 : 📞 1712 — gratuit, anonyme — 1712.be
Refuge pour hommes : orientation via le 1712.
Après le départ vient la reconstruction : lis-en plus sur la thérapie du trauma et la récupération.
Groupes de soutien entre pairs
Keertij accompagne un groupe de soutien entre pairs pour les victimes masculines à Gand.
- Lieu : Gand
- Plus d'infos et dates : vzwzijn.be/project-mannenlotgenotengroep
- Contact : ruth@keertij.be — keertij.be
Pourquoi partir réussit rarement du premier coup
Beaucoup d’hommes ne partent pas une fois, mais plusieurs. Ils partent, reviennent, puis repartent. Ce n’est ni une faiblesse ni un manque de volonté — cela fait partie du schéma.
Ce qui rend la chose si difficile :
- Les bonnes périodes sont réelles. Après une escalade vient souvent une phase de regrets, d’attention et de promesses. Cette phase ne ressemble pas à de la manipulation ; elle ressemble à la relation pour laquelle vous êtes resté.
- Vous doutez de votre propre perception. Si l’on vous répète pendant des années que vous exagérez, vous finissez par vous demander si c’est assez grave pour partir.
- L’enchevêtrement pratique est important. Un logement, un crédit, un compte commun, les enfants, votre famille qui ne sait rien.
- Vous craignez de ne pas être cru. Pour les hommes, cela pèse davantage : la peur que les rôles s’inversent dès que vous parlez.
Si vous êtes déjà revenu une fois : cela ne rend pas la tentative suivante moins valable. Cela signifie que vous en savez plus qu’avant.
La période du départ demande le plus de prudence
Perdre le contrôle est, pour un partenaire contrôlant, le moment où la pression devient la plus forte. C’est précisément pour cela qu’il vaut mieux préparer son départ que l’improviser.
- Rassemblez documents, argent et un lieu d’hébergement avant d’annoncer quoi que ce soit — voir le plan de sécurité.
- Parlez de votre intention à au moins une personne extérieure au ménage.
- Attendez-vous à ce que le conflit se déplace vers la procédure de divorce, la garde des enfants ou votre réputation. Voir après la séparation et fausses accusations.
- En cas de menace aiguë, la Belgique prévoit l’interdiction temporaire de résidence : le parquet peut écarter du logement la personne menaçante pour une période déterminée. Renseignez-vous auprès de la police ou via le 1712.
Ce n’est pas une raison pour ne pas partir. C’est une raison de le faire en étant préparé.
Questions fréquentes
Faut-il rester ensemble pour les enfants ?
Non. Les enfants n’ont pas besoin de deux parents qui cohabitent, mais de parents émotionnellement disponibles et prévisibles. Grandir dans un foyer marqué par la violence conjugale — même exclusivement psychologique — augmente le risque d’anxiété, de dépression, de difficultés de régulation émotionnelle et d’une image faussée de ce qu’est une relation. Organiser la sécurité est en soi une forme de bonne parentalité.
Je suis déjà revenu une fois. Est-ce que cela vaut encore la peine ?
Oui. Partir est pour beaucoup un processus fait de plusieurs tentatives, non une décision unique. Être revenu ne dit rien de votre volonté ni de votre force ; cela fait partie du schéma d’espoir et de doute qui maintient une relation toxique. Chaque tentative apporte des informations qui facilitent la suivante.
Quand le départ est-il le plus dangereux ?
Au moment où un partenaire contrôlant sent le contrôle lui échapper. C’est pourquoi la préparation compte plus que la rapidité : rassemblez documents, argent et un hébergement avant d’annoncer quoi que ce soit, et parlez-en à au moins une personne extérieure au ménage. En cas de menace aiguë, le parquet peut imposer une interdiction temporaire de résidence.
Où un homme peut-il trouver un hébergement ?
Le 1712 vous orientera vers un hébergement, y compris en tant qu’homme. Le numéro est gratuit et anonyme. Pour le soutien entre pairs, Keertij anime à Gand un groupe destiné aux hommes victimes de violence conjugale ou post-conjugale.